Vous êtes ici : » Expositions » Exposition actuelle
PROLONGATION DE L'EXPOSITION JUSQU'AU 29 JUIN
Ouverture du mardi au dimanche de 14.00 à 18.00
Entrée libre
Date : 09/02/2008
L'exposition, organisée au Séminaire des Missions Étrangères, sera répartie en cinq espaces successifs : la crypte (sous la chapelle), la salle des martyrs (en contrebas de la crypte), la salle François Pallu (dans le premier corps de bâtiment, construit en 1732), la salle Lambert de la Motte et la salle Ignace Cotolendi.
Ces deux dernières salles se trouvent au rez-de-chaussée du bâtiment central
Missions Étrangères de Paris - 128, rue du Bac - 75007 Paris
Des visites guidées pour les groupes peuvent être organisées à d’autres heures sur réservation (contact : Eric Henry 01.44.39.92.01)
Entrée libre
Exposition : LA CRYPTE
Dans la crypte seront présentés les portraits des 23 missionnaires qui ont subi le martyre au Vietnam, en Corée et en Chine et qui ont déjà été canonisés. Dans cet espace seront exposés aussi d'anciens vêtements liturgiques de grande qualité artistique qui ont été brodés au XIXe siècle et un tableau du XVIIe siècle représentant une Nativité.
Exposition : SALLE DES MARTYRS
La Salle des Martyrs fait mémoire des missionnaires d'autrefois, notamment de ceux qui sont morts pour la foi. Y sont exposés de nombreux objets originaux qui ont appartenu aux martyrs.
Trois des murs de la Salle des Martyrs accueillent une série de tableaux racontant le martyre de chrétiens et de prêtres du Vietnam, le quatrième mur présentant un tableau du Christ déposé de la Croix. Au centre de la salle, de grandes vitrines verticales regroupent des objets autour de trois thèmes : les fondateurs des Missions Étrangères, l'intégration des missionnaires en Asie et l'Eucharistie. Enfin, dans deux meubles comptoirs, des manuscrits et des photographies évoquent l’itinéraire personnel des missionnaires. Des reliquaires sont disposés dans l'espace qui relie la Salle des Martyrs à la crypte de la chapelle.
Exposition : SALLE FRANCOIS PALLU
Cette salle, située dans le bâtiment central du Séminaire des Missions Étrangères, sera consacrée au Vietnam, au Cambodge, au Laos, à la Thaïlande et la Birmanie. On pourra y découvrir l'histoire de ces pays ainsi que les traditions et les croyances des peuples qui y vivent, à travers de nombreuses photographies et illustrations.
Y seront exposés aussi de nombreux documents anciens concernant la littérature et les langues de ces pays, notamment des manuscrits, des dictionnaires et grammaires, composés par les missionnaires, comme le dictionnaire original de Mgr Pigneaux de Béhaine, composé à la fin du XVIIIe siècle. Y seront exposées aussi des cartes anciennes dressées ou utilisées par les missionnaires.
Exposition : SALLE LAMBERT DE LA MOTTE
Cette salle, située dans le bâtiment dit "des aspirants" sera consacrée à l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie, la Corée, le Japon, la Chine, Taiwan et Madagascar.
On pourra y découvrir des photos, des illustrations, des cartes ainsi que des informations sur les us et coutumes des peuples qui habitent dans ces régions.
Exposition : SALLE COTOLENDI
Cette salle, située dans le prolongement de la salle Lambert de la Motte, sera consacrée aux activités diverses des missionnaires en Asie. On y trouvera les différentes contributions des missionnaires à la connaissance des sciences botaniques et des sciences de la terre, ainsi qu'au développement des imprimeries.
Les missionnaires et la botanique
L’Herbier du Muséum d’histoire naturelle, fondé en 1653, est l’un des deux ou trois plus riches du monde avec ses quelque 8 millions de planches. Sur ce nombre on peut estimer à plus de 100 000 celles qui sont issues de collectes des prêtres des Missions Étrangères, dont le tiers est à porter au seul crédit de Jean-Marie Delavay.
Parmi les missionnaires botanistes réputés, on peut citer: Émile Bodinier, Henri Bon, Jean-Marie Delavay, Jules Dubernard, Paul Farges, Urbain Faurie, Jean Monbeig, Jean Soulié, Émile Taquet...
On peut parler encore d'Auguste Léveillé. Parti en 1887 pour la mission de Pondichéry, il quitte sa mission quelques années plus tard pour revenir dans son diocèse. Devenu prélat pontifical, il se retire ensuite dans sa ville natale du Mans. Il y fonde une "Académie de géographie botanique" et fait paraître une collection intitulée "La Flore du Kouy Tcheou". Il donne aussi des notes botaniques "Rhododendrons de la Chine" 1903 ; "Bouquet de Fleurs de Chine" (1903). En mars 1906, il publie "Le Genre Pieris en Chine", puis la "Carcinologie chinoise". On lui doit aussi la "Petite flore de la Mayenne", un "Dictionnaire inventorial de la flore française" et un "Catalogue des plantes du Yunnan". Les herbiers regroupés par A. Léveillé sont aujourd’hui conservés au Jardin botanique royal d’Edimbourg, l’une des plus prestigieuses institutions botaniques du monde.
On doit aux missionnaires de la Société des Missions Étrangères la première introduction en Europe de nombreuses plantes chinoises de grand intérêt ornemental. Plusieurs ont connu un vif succès dans les parcs et jardins via le commerce horticole. Maurice de Vilmorin a été le metteur en culture de nombre d’entre elles.
Parmi les missionnaires qui ont herborisé dans des régions plus méridionales, on peut citer Henri Bon qui a envoyé plus de 2 000 plantes de Hongkong au Muséum et Léopold Cadière qui a récolté au Vietnam des espèces endémiques jusque là inconnues, parmi lesquelles des fougères qui furent décrites par le botaniste allemand Heinrich Christ et une urticacée, vendue de nos jours comme plante d’appartement et qui porte son nom, Pilea Cadierei ; il avait récolté cette herbacée au feuillage ornemental dans l’Annam, "à Lao Bao, dans les lambeaux de la forêt primitive".
Les missionnaires et les sciences de la terre
Beaucoup de missionnaires ont été en contact direct avec la nature, au milieu de gens qui travaillaient la terre ou extrayaient des minerais. Ils ont parcouru la campagne à pied, à cheval, ou en barque. Ils ont rencontré des roches qui blessent, sont difficiles à franchir ou sont des dangers pour les bateliers. Ils ont traversé des terres fécondes ou arides. Ils ont regardé l'eau qui coule, fertilise ou détruit. Ils ont regretté le manque d’eau dans certaines zones et ont même creusé des puits ou construit des barrages. Plusieurs exemples pourraient être donnés et remonteraient jusqu’à une période ancienne.
Autrefois, un puits qui fournissait de l’eau à une partie de la ville de Saïgon était appelé le "Puits de l’Évêque", suggérant que son origine était probablement due à Pierre Pigneaux de Béhaine (1741-1799).
Les missionnaires ont essayé de comprendre les croyances de la population qui les entourait et qui considérait certains sites ou certains objets comme sacrés, par exemple au Vietnam où l’influence de puissances occultes était admise un peu partout ("L’Esprit va partout, pénètre partout ; tout est à lui", Cadière, 1911, p. 477).Dans le centre du Vietnam, Léopold Cadière (1869-1955) nous décrit des pierres qui saignent, des grès grossiers de couleur grise avec des figures d’érosion rougeâtres, ainsi qu’un quartz convoité par le roi, mais qu’il fallut abandonner à cause de la mort de l’ouvrier qui tenta de l’extraire. Dans la région de Kontum au centre du Vietnam, diverses pierres ont été signalées en 1873 par Pierre Dourisboure (1825-1890) et en 1887 par Jean Baptiste Guerlach (1858-1912) comme pièces sacrées et rituelles : des pierres le long des chemins demandant respect et hommage, d’autres pierres (tectites et outils préhistoriques) précieusement conservées dans les maisons familiales.
Des objets préhistoriques en pierre, récoltés par Henri Arnoulx de Pirey (1873-1934) au centre du Vietnam, furent décrits dans le Bulletin des Amis du Vieux Hué (Holbé 1915). En 1977, l’importance de ces pierres considérées comme sacrées amena Daniel Léger (1915-1980) à présenter une étude de l’ethnominéralogie de la région. Il décrivit les croyances locales et les légendes au sujet de ces pierres. Le quartz, appelé "pierre qui brille" ou "pierre d’arc-en-ciel", était considéré comme plus précieux que l’or. En Thaïlande aussi, les habitants considèrent parfois un rocher de leur voisinage comme habité par un esprit qui les protège. Ils peuvent devenir furieux en voyant un géologue frapper le rocher avec un marteau pour obtenir un échantillon.
Charles Arnoux (1825-1864) suivit des cours à l’École des Mines de Paris comme élève externe. En 1850, il partit pour le Vietnam, après les édits de 1848 et 1851 de l’empereur Tu Duc qui ordonnaient de poursuivre et de tuer les missionnaires étrangers et les prêtres vietnamiens. Malgré les difficultés, il observa les roches et les minerais. En 1854, il parle de minerais de fer qu’il a rencontrés dans la région de Kontum.
Après la division du Vietnam en deux parties en 1954, le Ministère de l’Économie du Sud Vietnam fonda un Service Géologique, mais il n'avait pas de géologue. On demanda alors au P. Henri Fontaine, docteur en géologie, de bien vouloir prendre en charge ce Service. Dans le cadre de ses recherches, Henri Fontaine fit la découverte d'outils préhistoriques et de jarres funéraires de la culture de Sa huynh dans les régions de Bien hoa et de Xuan loc. Le Service Géologique publia les résultats de ces découvertes dans les Archives Géologiques du Vietnam.
Les missionnaires et la traduction de la Bible et des ouvrages religieux dans les langues locales
Dès leur arrivée en Asie, les missionnaires se sont lancés dans l’aventure de traduire dans la langue du pays les textes essentiels de la vie chrétienne dans tous ses aspects : doctrine, sacrements, morale. Les missionnaires ont été ainsi à l’origine de nombreuses traductions de la Bible, de catéchismes, d’ouvrages spirituels et de morale chrétienne. Ils suscitèrent aussi des adaptations et des créations originales tenant compte du génie propre des peuples qui les accueillaient.
Par exemple, même si les sacrements étaient célébrés en langue latine, il fallait aussi en donner l’explication en langue locale et proposer aux fidèles de s’associer à la liturgie par des prières, des chants dans leur propre langue. Grâce à l’action des missionnaires, certaines langues parlées par les ethnies minoritaires, qui risquaient de disparaître, ont pu survivre auprès des langues majoritaires. Ils ont permis aussi de sauver et de valoriser les cultures traditionnelles de ces peuples.
Jean Basset (1662-1707), prêtre des Missions Étrangères au Sichuan (Chine), fut l’un des premiers traducteurs du Nouveau Testament en chinois. Il entreprit ce travail pour y promouvoir l’évangélisation, dont il attribuait la lenteur et la fragilité à l’ignorance de la Sainte Ecriture. La bibliothèque Casanatense de Rome conserve l’édition originale de sa Bible en chinois. L’exposition de la rue du Bac présentera des fac-similés de quelques pages de ce manuscrit inconnu du grand public et qui constitue l’une des plus anciennes traductions de la Bible en chinois.
Les missionnaires et le développement de l'imprimerie
Pour reproduire et diffuser bibles, catéchismes et autres ouvrages religieux traduits ou rédigés dans les langues orientales, les missionnaires ont d'abord eu recours à la xylographie, qui consistait à imprimer à partir de planches de bois où les caractères étaient gravés à l’envers. Une seule planche permettait l’impression de dix mille pages, chose considérable. Mais l’application n’était pas facile, ne serait-ce que parce qu’il était compliqué de trouver des ouvriers qualifiés. La xylographie impliquait en outre de garder en réserve un grand nombre de planches si on voulait s’en servir d’une année sur l’autre.
Pour remédier à ces problèmes, les missionnaires ont utilisé ensuite la lithographie, où le dessin était reproduit à l’envers avec une encre grasse sur une dalle calcaire poreuse. C’était idéal pour imprimer des écritures compliquées comme le tibétain : il était bien plus rapide de reproduire le calque de l’ouvrage sur la pierre que de sculpter les caractères sur une planche de bois. La Société des Missions Étrangères a été pionnière dans l’implantation en Orient de cette technique, inventée en 1796 par A. Senefelder. En 1823, le P. Jaccard apporta avec lui une presse lithographique pour la Cochinchine et il en fit une démonstration au roi Minh-mang qui la lui acheta. Dès qu'ils l'ont pu, les missionnaires se sont tournés vers la typographie. Il était certes compliqué de confectionner les caractères des écritures orientales et de les ranger mais, à terme, la technique s’avéra la plus performante : les caractères mobiles présentaient une grande souplesse pour les corrections. C’était un investissement de longue durée car l’on pouvait défaire les compositions pour réutiliser les caractères.
Dès 1802, en Cochinchine, le P. Jourdain gravait sur pierre le moule de quelques caractères alphabétiques pour se constituer une imprimerie en caractères européens et cambodgiens.
La Société des Missions Étrangères a beaucoup contribué à enrichir l’Imprimerie nationale. Celle-ci lui doit plusieurs de ses jeux de poinçons orientaux, gravés sous la direction de missionnaires pour écrire des langues d’Asie comme le siamois, le tamoul, le canara ou le télougou, ou encore le chinois.
Les missionnaires ont mis en place un maillage d’imprimeries dans tout l’Orient. Dans la décennie 1870, presque tous les vicariats possédaient une imprimerie. À partir des années 1870, les imprimeries missionnaires se sont développées et modernisées dans le contexte de la paix religieuse relative instaurée dans les territoires confiés aux Missions Étrangères.
En 1894, la Société des Missions Étrangères comptait en Asie plus d’une dizaine d’imprimeries : une en Corée, trois au Se-tchoan, une au Yunnan, une au Kouy-tcheou, deux au Tonkin, une au Siam, une en Birmanie, une à Pondichéry. La plus célèbre d’entre elles, créée en 1885, était l’imprimerie générale de Nazareth à Hongkong.
Les chiffres annoncés lors du cinquantenaire de l’imprimerie de Nazareth en 1934, montrent qu’elle publia principalement en chinois (28 %), en annamite (17,4 %), en latin (17,4 %) et en français (11,9 %). Mais elle publia aussi en: anglais, chamorro, tibétain, laotien, malais, et aussi coréen, bahnar, canaque, lolo, aïno et japonais.
L’imprimerie disposait de matrices pour les caractères latins, chinois, annamites, tibétains, cambodgiens, laotiens, lolos, thaï et chu nôm.
Le nombre de ses publications n’est pas moins considérable: de 1885 à 1934 sortirent de ses presses, entre autres, 358 éditions de catéchismes et livres de prières, 400 titres en spiritualité, 164 en pastorale et droit canon, 127 en apologétique et controverse.
Il est à noter encore que les prêtres des Missions Étrangères ont apporté une contribution importante à la sauvegarde des cultures de nombreuses populations minoritaires du Sud-est asiatique, notamment en préservant leurs langues et en publiant leurs littératures.

